Par Virginie Angers, ing.f., Ph. D. Biol. – Service des grands parcs, du verdissement et du Mont-Royal de la Ville de Montréal

Alternant d’est en ouest à tous les deux ans, la dernière Conférence canadienne sur la forêt urbaine (CCFU) à s’être tenue en sol québécois remonte à 2006, où Québec était la ville hôte. Dix ans plus tard, Laval a accueilli la 12e édition de la CCFU du 26 au 29 septembre dernier.

L’évènement a rassemblé plus de 400 participants provenant à 38 % du monde municipal, à 21 % d’organismes œuvrant en environnement ou en arboriculture, à 16 % du privé, à 10 % du milieu universitaire, à 6 % des gouvernements provinciaux et fédéral, et à 9 % d’autres milieux. Les présentations et les échanges ont évidemment été teintés par la crise de l’agrile du frêne, vécue ou appréhendée dans l’est du Canada. Comme à toute chose malheur est bon, cet agent perturbateur a catalysé une profonde réflexion sur la place de l’arbre en milieu urbain, de sorte que plusieurs villes se sont dotées d’ambitieuses cibles de conservation et d’augmentation de l’indice de canopée ainsi que de moyens pour en améliorer la résilience.

Des conférenciers de tous horizons, locaux comme internationaux, se sont relayés pour offrir quelque 50 conférences, ateliers et activités. Au-delà d’une activité de formation, la CCFU est un formidable pôle de réseautage pour les professionnels, gestionnaires, chercheurs, étudiants, décideurs et citoyens participants. Dans un contexte où chacun est confronté à de nouveaux enjeux, les échanges concernant les politiques, stratégies, outils, dernières avancées en recherche, initiatives locales et projets pilotes novateurs sont d’autant plus essentiels.

Le succès de la CCFU réside entre autres dans la diversité des parties qui ont pris part à sa venue. En plus de Ville de Laval, d’Arbres Canada et de la Société Internationale d’Arboriculture Québec qui chapeautaient l’organisation, plusieurs élus, chercheurs et représentants d’organismes locaux œuvrant à la protection des milieux naturels ont étroitement participé aux différents comités organisateurs. Plus qu’un rendez-vous pour les initiés, l’organisation a démontré une forte volonté de décloisonner la conférence en offrant une activité grand public avec la conférence de Céline Cousteau, petite-fille du célèbre commandant Cousteau.

Les forêts urbaines de l’est du Canada se trouvent à un moment charnière de leur histoire et les décisions prises aujourd’hui redéfiniront le patrimoine arboricole urbain dans lequel vivront les prochaines générations. Espérons qu’une fois les valises défaites, les échanges et les conversations se prolongeront. La connectivité n’est pas gage de résilience que dans les écosystèmes urbains, elle l’est aussi chez les professionnels de la forêt urbaine! Profitons de ce momentum pour se doter d’un réseau régional formel où l’échange des connaissances et des meilleures pratiques profitera à nous tous, acteurs de changement de la forêt urbaine de demain.

Virginie Angers, ing.f., Ph. D. Biol.
Service des grands parcs, du verdissement et du Mont-Royal de la Ville de Montréal
Administratrice à la Corporation pour la mise en valeur du Bois de l’Équerre
Membre du comité scientifique de la CCFU 2016
Réseau canadien de la forêt urbaine – Section Québec

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