Dans plusieurs pays, juin est le Mois de la Fierté, une initiative créée aux États-Unis pour commémorer les émeutes de Stonewall de juin 1969. Le Mois de la Fierté prend aujourd’hui de nombreuses formes : des parades hautes en couleurs, des festivals de films, des commémorations de personnes qui ont perdu la vie en luttant pour les droits civils et la mise en avant du combat constant pour une protection complète et formelle par la loi de tous les membres de la communauté 2SLGBTQ+.

Cette année, le Mois de la Fierté commence alors que la pandémie de COVID-19 sévit depuis 15 mois, environ un an après les manifestations antiracistes dans le monde entier à la suite du meurtre de George Floyd par la police de Minneapolis, mais aussi dans le contexte des manifestations pour les droits autochtones sur les terres ici au Canada (dont certaines sont toujours en cours), et peu de temps après la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie le 17 mai.

Je m’interroge : y a-t-il un lien entre ces événements? Peut-on établir une relation entre eux et les arbres? Selon moi, ce lien réside dans l’inclusivité et les privilèges – ou leur absence.

Les défenseurs de la justice sociale se poseraient les questions suivantes : Qui est à l’abri du danger ou de la discrimination? Qui bénéficie de la protection des décideurs politiques et comment? Qui est accepté par ses voisins? Les partisans de la justice environnementale, eux, nous interpelleraient sur d’autres problématiques : Qui a accès à un parc dans son quartier? Qui a un arbre sur sa propriété? Qui peut aller camper?

Sans surprise, ces questions dépeignent un portrait semblable du monde, celui d’une société scindée selon des déterminants sociaux tels que la classe, la race, l’origine ethnique, le quartier, la nationalité, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, et bien d’autres encore. Des études menées à Toronto (1, 2), Montréal et dans plusieurs villes aux États-Unis (1, 2) ont démontré qu’on pouvait souvent établir un parallèle entre couvert forestier et race et revenus.

La répartition inégale des arbres et des services environnementaux renforce les inégalités sociales en limitant l’accès aux espaces verts de certains groupes. La COVID-19 a mis en lumière encore davantage ces inégalités déjà existantes. Il est primordial de comprendre que l’accès aux espaces verts, aux arbres urbains, aux parcs et aux sentiers constitue un déterminant social de santé publique. En s’appuyant sur ces connaissances, les professionnels de la santé, les spécialistes de la foresterie urbaine et les aménagistes municipaux peuvent étendre ces bienfaits en soutenant des politiques et des stratégies de planification et de gestion des arbres socialement équitables.

Pour combler les lacunes, il faut commencer par les repérer.

En 2020, American Forests a lancé un système de notation de l’équité en matière d’arbres afin de déterminer les allocations de ressources nécessaires pour une répartition plus juste de la canopée dans les villes. En 2021, l’organisation Trust for Public Land a intégré un facteur d’équité à son indice ParkScore annuel. À l’image de la santé des écosystèmes souvent évaluée en fonction de la biodiversité, la santé de nos collectivités devrait également être mesurée en termes de prospérité partagée, de bonheur et de sécurité de l’ensemble de la population.

En ce mois de juin, faisons l’effort de comprendre les luttes actuelles pour l’équité, d’écouter une pluralité de voix au sein de ces mouvements et de leur témoigner notre soutien. Et n’oubliez pas vos Doritos arc-en-ciel!