À l’approche de la Journée nationale de l’arbre qui aura lieu le 26 septembre prochain, je tenais à rappeler à quel point la présence des arbres est devenue essentielle dans notre paysage industriel changeant et en plein essor depuis les 20 dernières années. Mettons cela en perspective : préféreriez-vous vous réveiller face à une canopée fraîche et luxuriante d’arbres ou une multitude de signes, panneaux et publicités qui encombrent nos rues? La réponse à cette question semble évidente : les arbres, bien sûr! Toutefois, c’est bien la deuxième option qui peuple notre réalité et incarne les effets de l’anthropocène.

Les villes citées ci-dessous s’efforcent de verdir leurs collectivités et nous sommes ravis qu’elles se joignent à nous dans le cadre de nos événements de la Journée nationale de l’arbre le 26 septembre prochain. 

Grand Toronto (GTA)

La région du Grand Toronto est parfois décrite comme une jungle de béton. On comprend alors aisément l’effet que pourrait avoir une forêt urbaine dans une zone si peuplée. Dans un article récent, l’Office de protection de la nature de Toronto et de la région (TRCA), une organisation environnementale dédiée à la conservation, s’inquiète de voir les efforts visant à protéger les forêts urbaines du GTA de plus en plus menacés par des politiques obstinées, le développement des constructions d’infrastructures et le changement climatique. Pour le TRCA, l’intérêt des arbres ne se limite pas à des considérations esthétiques : ils constituent un « élément essentiel des infrastructures » pour les municipalités entourant la ville. Le TRCA entend placer les arbres au premier plan et impliquer les espaces verts dans l’ensemble des prises de décision municipales en matière de développement d’infrastructures et de valeur de service pour la société. Selon le TRCA, les forêts urbaines de Toronto rapportent 125 millions de dollars en services au Grand Toronto chaque année. Ces services incluent notamment l’élimination des polluants atmosphériques nocifs et la purification de l’air. Une récente étude consacrée aux bienfaits des forêts urbaines au sein des collectivités canadiennes arrivait à la conclusion que les arbres matures contribuaient à améliorer la qualité de l’air en éliminant la pollution. Ils agissent en tant que filtre physique emprisonnant les particules de poussière et les polluants atmosphériques dans leur écorce et leurs feuilles. Dans une ville responsable d’environ 29 % des émissions de GES de l’Ontario, les arbres jouent un rôle primordial dans la réduction du carbone et la purification de l’air. 

Montréal

Il y a plus de dix ans, la Ville de Montréal a adopté une politique de l’arbre destinée à protéger les arbres de la ville et à préserver son héritage arboricole. La Ville a publié un rapport sur les bienfaits des arbres urbains en précisant qu’il s’agissait de biens communautaires méritant d’être protégés. La politique urbaine de la ville s’articule autour de six principaux objectifs impliquant notamment les actions suivantes : planification, exploitation, gestion, réglementations et communications à travers la ville concernant la plantation, le développement et la préservation des arbres. Comme dans de nombreuses villes du sud de l’Ontario, les frênes de Montréal sont menacés d’extinction par un minuscule insecte irisé : l’agrile du frêne. En janvier, 4 000 frênes du Mont-Royal contaminés par l’agrile ont été abattus afin de tenter de préserver les arbres restants de l’infestation. Un règlement impose aux résidents de traiter ou d’abattre tout frêne malade présent sur leur propriété, tandis que des mesures ont été mises en place en vue d’empêcher l’agrile de se propager au-delà de Montréal. Les projets de la Ville pour l’avenir se concentrent sur le reboisement et le développement d’arbres pour les générations futures.

Grand Vancouver

La Ville de Vancouver a élaboré une carte chiffrée du couvert forestier urbain par quartier. Les résultats ont mis en évidence que la plupart des arbres urbains se situaient sur des propriétés privées et que seuls 18 % de la ville étaient couverts par des arbres. Le rapport indiquait un déclin du couvert forestier au cours des deux dernières décennies, ce qui implique de fait la réduction des bienfaits qu’il apporte : atténuation des effets du changement climatique, élimination des polluants atmosphériques et garantie d’un habitat sécuritaire pour la faune. L’un des principaux facteurs d’atténuation lié aux arbres, qui s’avère également être un service essentiel pour la ville, est la gestion des eaux de pluie. Le couvert forestier contribue à limiter l’érosion des sols occasionnée par les précipitations continues. En absorbant l’eau, les racines aident à créer des conditions favorisant la filtration et limitant les inondations. La Colombie-Britannique enregistre le pourcentage de précipitations annuel le plus élevé du Canada avec un chiffre impressionnant de 152 cm de pluie chaque année. En cas de déclin de l’atténuation des effets des précipitations, Vancouver serait victime d’inondations éclair, d’érosion du sol et de phénomènes de ruissellement. Le paysage montagneux et pentu ne fait que renforcer ces problèmes. À l’instar des autres villes, Vancouver a instauré des mesures destinées à réduire la perte d’arbres via le développement d’une stratégie sur les arbres urbains comportant un règlement sur la protection des arbres.

Winnipeg

Saviez-vous que Winnipeg abrite la plus grande forêt urbaine d’ormes d’Amérique au monde? En 1900, les responsables municipaux de Winnipeg décidèrent que leurs rues résidentielles sans vie pourraient bénéficier d’un verdissement. L’orme d’Amérique fut choisi pour sa beauté et sa résistance. Plus d’un siècle plus tard, cette décision a permis de modeler la Ville de Winnipeg et de former la colonne vertébrale du plus vaste regroupement d’ormes d’Amérique au pays. En 2001, la graphiose de l’orme a entraîné la disparition de nombreux arbres de cette espèce au Canada. On estime que si elle n’avait pas accompli d’efforts pour conserver ses ormes, Winnipeg aurait perdu son dernier arbre en 2007. La ville accueille aujourd’hui encore le plus grand nombre d’ormes au monde. L’Université du Manitoba a mené une étude résidentielle sur l’impact durable des forêts urbaines de Winnipeg sur la population. Cette étude à portée plus globale visait à présenter dans les grandes lignes la valeur des forêts urbaines à travers le Canada. Les chercheurs ont eu recours à des méthodes qualitatives, telles que des enquêtes et des questionnaires, afin de rassembler des données auprès des habitants de Winnipeg et des alentours. Les résultats ont indiqué que les résidents reconnaissaient la valeur des forêts urbaines et les associaient largement à la biodiversité, la nature, l’esthétique de la ville et une utilisation sociale et récréative. Une étude de cas publiée dans Bioscience démontre que l’exposition à des espaces verts améliore notre humeur, réduit l’anxiété et la dépression, augmente les niveaux d’énergie et stimule la vivacité mentale. Les habitants de Winnipeg ressentent certainement aussi ces effets positifs !

St. John’s

En 2005, l’équipe de gestion et de conception environnementale de la Ville de St. John’s (Terre-Neuve-et-Labrador) a été sélectionnée afin d’élaborer un projet destiné à orienter l’entretien et l’amélioration de son paysage de forêt urbaine pour les 25 années à venir. Ce plan comportait trois axes principaux : la consultation du public et des parties prenantes, l’établissement d’un inventaire détaillé des arbres de la ville à l’heure actuelle, ainsi que la préparation d’un plan opérationnel sur cinq ans et d’un plan de gestion sur dix ans concernant la croissance et le développement des arbres. Différentes actions étaient intégrées à ce plan telles que la plantation d’arbres indigènes dans les parcs et les espaces urbains, l’augmentation de la diversité des espèces, la plantation d’un arbre pour chaque arbre abattu et l’utilisation d’une base de données recensant les arbres afin de suivre leur développement et leur croissance. Aujourd’hui, plus de dix ans plus tard, grâce au soutien d’Arbres Canada et du CN, la ville continue à verdir ses espaces en plantant 400 à 500 arbres de différentes espèces à travers la municipalité et ses banlieues environnantes.

Le 26 septembre prochain, joignez-vous à nous pour la Journée nationale de l’arbre. Nous réunirons toutes ces collectivités autour d’événements et d’initiatives de plantation d’arbres en l’honneur de nos compagnons les plus anciens et les plus verts : nos arbres! Chaque événement de plantation vise à embellir le paysage urbain, mais aussi à offrir un habitat à la faune, à compenser les émissions de carbone, à développer le couvert forestier et à améliorer la qualité de l’air.

Joignez-vous à nous à l’occasion de la Journée nationale de l’arbre et participez à notre Défi « Plantons des arbres »!