Par Lanny Englund, représentant du RCFU pour la région du Pacifique

Les gens qui travaillent dans le domaine de la foresterie urbaine connaissent bien l’expression « couvert forestier », qui se définit typiquement comme le pourcentage de sol recouvert par une nappe foliaire lorsque vu d’en haut. Le couvert forestier est un indicateur efficace et de haut niveau de toutes les valeurs relatives à la santé humaine, aux services des écosystèmes, à l’économie et à l’esthétique offertes par les arbres dans les villes. Les collectivités qui ont analysé leur couvert forestier et prédit leur état futur s’aperçoivent généralement que ce processus fait ressortir le besoin de prendre des mesures pour accroître ou même simplement maintenir le pourcentage actuel.

En 2013, la ville de Vancouver en Colombie-Britannique a analysé son couvert forestier dans le cadre de l’élaboration de sa stratégie de foresterie urbaine. Elle a trouvé que son couvert forestier avait diminué de façon importante, passant de 22,5 % en 1995 à seulement 18 % en 2013. En tant que professionnel de la foresterie urbaine dans la collectivité voisine de Coquitlam, je me suis demandé comment cela pouvait se produire dans une ville comme Vancouver qui avait des règlements administratifs des plus rigoureux en matière de protection des arbres. Après avoir examiné la situation de plus près, Vancouver a découvert que 23 490 arbres adultes en santé avaient été enlevés au cours de cette période et que la moitié de ces arbres avaient été enlevés conformément à une disposition des règlements administratifs qui permettent aux propriétaires fonciers d’enlever un arbre par année, quel que soit l’âge, la taille ou l’essence de l’arbre. En 2014, à la suite de ces observations, la ville de Vancouver a éliminé cette disposition de ses règlements administratifs pour aider à ralentir la perte de couvert forestier. De plus, la stratégie de gestion de la foresterie urbaine qui est présentement en cours d’élaboration reconnaît que pour renverser cette tendance, il faudra également faire beaucoup de plantations. Plus précisément, la ville a trouvé que le couvert forestier pouvait être quelque peu accru dans les parcs et sur les rues mais que la majorité des possibilités de croissance du couvert forestier dans la ville de Vancouver étaient offertes par les propriétés privées.

Des mesures de protection ne sont pas suffisantes pour assurer le maintien ou l’expansion du couvert forestier, spécialement dans les collectivités en pleine croissance. Les mesures de protection sont un élément important mais pour atteindre les objectifs en matière de couvert forestier à long terme, il faut adopter une démarche globale qui relie l’enlèvement des arbres à leur remplacement ainsi que des programmes proactifs de plantation d’arbres qui visent les terres publiques et les propriétés privées (ces dernières offrant la majorité des possibilités de croissance du couvert). Je félicite la ville de Vancouver d’avoir examiné l’état de son couvert forestier actuel et comment il avait changé au cours des années, puis d’avoir établi des objectifs et dressé un plan détaillé pour atteindre ses objectifs. Plus il y aura de collectivités qui adoptent cette démarche, plus nous serons à même de réaliser la vision de la stratégie canadienne sur la forêt urbaine pour les villes et villages du Canada, qui est « un couvert forestier qui abrite et protège nos collectivités – un élément d’une infrastructure verte qui favorise un bon habitat, de l’air pur, de l’eau propre, une bonne qualité de vie et la prospérité économique ».

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