La région des Prairies est un vaste territoire géographique où les arboriculteurs et les forestiers urbains ne manquent pas d’activité. Cette année, nous devons tous faire face à la pandémie ainsi qu’à d’autres défis. Les réponses à la COVID-19 varient légèrement d’une province à l’autre, le Manitoba et la Saskatchewan recensant un nombre de cas moins élevé que l’Alberta. Les trois provinces ont classé l’arboriculture et l’aménagement paysager parmi les services essentiels qui pouvaient rester ouverts. Seul le Manitoba a spécifiquement mentionné que l’« arboriculture » était un service essentiel, tandis que la Saskatchewan et l’Alberta ont classé les travaux arboricoles dans la catégorie « entretien des propriétés » et « construction, y compris entretien et réparation ». Ce manque de reconnaissance de l’« arboriculture » en tant que secteur spécifique par les provinces de l’Alberta et de la Saskatchewan demeure un enjeu étonnant, mais sérieux, en particulier lorsqu’il s’agit de la reconnaître en tant qu’activité professionnelle « indépendante ».

Au Manitoba, le nettoyage après la tempête d’octobre s’est poursuivi tout au long de l’hiver et a reporté de quelques mois l’abattage des arbres atteints par la maladie hollandaise de l’orme dans la ville de Winnipeg. Ces opérations ont repris en juin. La Ville met en œuvre un projet pilote basé sur une nouvelle méthodologie développée en partenariat avec l’Université de Winnipeg afin d’identifier les arbres qui constituent des foyers de la maladie hollandaise de l’orme pour les retirer en priorité et ainsi contrôler la propagation de la maladie en limitant les populations de scolytes dans ces arbres foyers. Le reboisement continue d’être une préoccupation majeure à Winnipeg avec l’annonce du « Million Tree Challenge » en 2019 qui vise à planter un million d’arbres dans la ville au cours des 20 prochaines années. Une chose est sûre, avec le besoin grandissant d’abattage d’arbres en raison de la maladie hollandaise de l’orme et de l’agrile du frêne, ainsi que la possible augmentation de la fréquence des tempêtes violentes, il sera difficile de suivre le rythme pour éliminer les arbres, sans parler de les remplacer. Selon Martha Barwinsky, forestière urbaine à Winnipeg, en 2018, seuls 44 % des arbres enlevés ont été remplacés. Avec tous les nouveaux défis actuels, y compris la pandémie, les élus de la Ville de Winnipeg craignent que l’élan du Challenge soit affecté, en particulier l’implication du public. L’élaboration d’une stratégie complète sur la foresterie urbaine sur 20 ans se poursuit, dans l’espoir de réduire l’impact négatif de ces types de défis à l’avenir.

En dehors de Winnipeg, Sima Feuer, du gouvernement du Manitoba, affirme que les chiffres sont dans les moyennes historiques pour la maladie hollandaise de l’orme et que les activités suivent leur cours normal dans le cadre de chacun des 38 programmes indépendants gérés par la province ou les collectivités locales destinés à lutter contre la maladie. La province est active dans ces collectivités depuis 1975, en créant des partenariats, en faisant des recherches et en fournissant des informations et du soutien aux propriétaires privés, aux municipalités et aux groupes locaux. Grâce à leur travail collaboratif, les pertes d’arbres liées à la maladie hollandaise de l’orme ont pu être limitées et “la plupart des collectivités qui sont confrontées à la maladie hollandaise de l’orme ont pu conserver une grande partie de leur peuplement d’ormes matures

Dans le secteur privé, Matt Vinet de l’entreprise Green Drop de Winnipeg déclare que la plupart des arboriculteurs redoutaient un fort ralentissement, voire une interruption des activités lorsque la COVID-19 a initialement frappé, ce qui aurait été un désastre économique pour les plus petites entreprises. Matt Vinet et la plupart des autres arboriculteurs du Manitoba consacrent désormais davantage de temps à du travail résidentiel, en particulier car de nombreux arbres de propriétés qui avaient été endommagés par la tempête ont été laissés tels quels durant l’hiver. Pour les résidents, le fait d’être confinés à la maison pendant des mois s’est traduit par une augmentation exceptionnelle des ventes dans les jardineries et les pépinières dans toute la région des Prairies, ainsi qu’une demande bien plus grande de services d’arboriculture. Un plus grand volume de travail chez des particuliers dans le secteur privé a été accueilli comme une bonne nouvelle par les arboriculteurs afin de compenser la déception causée par l’annulation d’événements très appréciés tels que l’Arbor Day ou d’opportunités et de conférences de formation et de perfectionnement professionnel. entreprises. Matt Vinet et la plupart des autres arboriculteurs du Manitoba consacrent désormais davantage de temps à du travail résidentiel, en particulier car de nombreux arbres de propriétés qui avaient été endommagés par la tempête ont été laissés tels quels durant l’hiver. Pour les résidents, le fait d’être confinés à la maison pendant des mois s’est traduit par une augmentation exceptionnelle des ventes dans les jardineries et les pépinières dans toute la région des Prairies, ainsi qu’une demande bien plus grande de services d’arboriculture. Un plus grand volume de travail chez des particuliers dans le secteur privé a été accueilli comme une bonne nouvelle par les arboriculteurs afin de compenser la déception causée par l’annulation d’événements très appréciés tels que l’Arbor Day ou d’opportunités et de conférences de formation et de perfectionnement professionnel.

En Saskatchewan, la SOS Elms Coalition a été renommée SOS Trees Coalition et a légèrement élargi la portée de ses initiatives afin de se consacrer à tous les arbres et non aux ormes seulement. Elle poursuit toutefois la mission qu’elle a pleinement remplie à travers la province depuis 1992 : défendre une gestion responsable et le respect des règlements administratifs relatifs aux arbres urbains, mais aussi promouvoir la sensibilisation du public à la forêt urbaine. La Saskatchewan est l’un des environnements les plus stériles et les plus hostiles pour la culture des arbres et les nouveaux plans de développement doivent s’efforcer de préserver les arbres existants! C’est un lieu où il vaut mieux avoir n’importe quel arbre, même un érable du Manitoba, qu’aucun arbre. Le groupe est pleinement conscient des conséquences de la perte prématurée d’arbres pour une collectivité : la diminution de l’ombre, de la protection, de l’atténuation des bruits, du contrôle de la pollution et le manque de verdure peuvent avoir un effet négatif sur notre santé, y compris la santé mentale. Ils ont également su répondre avec succès à l’impact de la perte prématurée d’arbres qui auraient eu une durée de vie bien plus longue en exerçant de fortes pressions afin de mettre en œuvre des normes et des règlements plus stricts en matière de construction, ainsi qu’en signalant tout arbre endommagé ou détruit inutilement afin de susciter une prise de conscience.

Sur son site Internet, la Ville de Saskatoon indique que le nombre d’enlèvements d’arbres continue d’augmenter et dépasse largement les taux de replantation. En 2018, par exemple, 2 289 arbres ont été abattus et seulement 783 ont été plantés, alors que 1 600 de ces abattages étaient dus au psylle floconneux du frêne, un insecte envahissant. Si cette fréquence d’abattage d’arbres se poursuit, on en comptera encore moins sur un territoire où ils sont déjà peu nombreux. Le rythme du développement et les invasions d’insectes et de maladies détruisent un grand nombre d’arbres avant qu’ils aient une chance de devenir matures. De simples difficultés à trouver du financement peuvent empêcher une collectivité de faire face aux enlèvements d’arbres qui constituent une nécessité pour la sécurité, mais ces collectivités peuvent également se sentir dépassées par la grande quantité de travail à réaliser. Les municipalités qui sont confrontées à des pertes importantes d’arbres perdent les bienfaits qu’ils apportaient et doivent assumer les augmentations des coûts liés à leur élimination et à leur remplacement.

À Regina, la conférence annuelle de la section des Prairies de l’ISA et les championnats de grimpe d’arbre ont été annulés et reportés à 2021. Les championnats de grimpe d’arbre des Prairies auront lieu dans les jardins de l’Assemblée législative de la Saskatchewan, un lieu prestigieux qui ne manquera pas d’attirer l’attention des médias sur les grimpeurs-élagueurs et l’arboriculture dans les Prairies! Gardons espoir que la vie aura retrouvé une certaine normalité d’ici là.

Dans la province où je vis, en Alberta, la réponse à la COVID-19 a eu des conséquences sur tous les aspects de notre activité, de la manière dont nous travaillons à la réembauche tardive de personnel en foresterie urbaine dans les parcs saisonniers de Calgary, Edmonton et d’autres municipalités. L’annulation des événements d’Arbor Day à Edmonton et Calgary et le report de nombreux événements de plantations d’arbres bénévoles avec Arbres Canada en raison de la pandémie ont déçu nombre d’entre nous qui sommes investis dans ces organismes depuis des décennies.

Malgré le défi consistant à mener à bien les travaux essentiels durant la pandémie, la Ville d’Edmonton continue de mettre à jour son plan de gestion des ressources de forêt urbaine, ce qui implique d’ajuster ses estimations en matière de durée de vie utile pour les variétés et les arbres qui sont communément plantés dans la région d’Edmonton. Ce document servira de référence pour la planification de la plantation des espèces qui s’épanouissent dans le rude climat d’Edmonton.

Concernant les arbres présents dans toute l’Alberta, les arboriculteurs sont confrontés à une recrudescence importante de pertes et dépérissements dus au froid et au dessèchement hivernal des arbres et arbustes fruitiers, des arbres récemment plantés et de tous les types d’arbres en état de stress. On se souviendra de l’hiver 2019-2020 comme l’un de ces hivers « tests » qui ont éliminé de nombreux arbres d’espèces et de variétés semi-résistantes ou qui n’étaient pas suffisamment robustes. La plupart des entreprises d’arboriculture de l’Alberta sont plus occupées que jamais. Malheureusement, le manque de main-d’œuvre qualifiée et d’arboriculteurs professionnels formés continue de limiter et de restreindre l’ampleur de notre capacité de travail. Même si les abatteuses à bras articulé augmentent grandement la sécurité et l’efficacité de l’enlèvement des arbres, savoir tailler correctement des arbustes ou des arbres fruitiers pour les redynamiser après avoir été endommagés durant l’hiver est une compétence que seuls les arboriculteurs professionnels possèdent et malheureusement, ces travailleurs qualifiés se font de plus en plus rares et constituent une espèce en voie de disparition en Alberta et dans les Prairies, tout comme dans l’ensemble du Canada.

La profession d’« arboriculteur » n’est pas reconnue en Alberta, et malgré les nombreuses opportunités d’emploi, de formation et de perfectionnement professionnel, très peu de jeunes ont conscience qu’il s’agit d’une profession où les salaires sont plus élevés que la moyenne et qui peut offrir des perspectives de carrière à long terme et une grande satisfaction dans le travail. Dans les Prairies et certainement dans le reste du Canada, on observe en effet une pénurie de travailleurs arboricoles formés et qualifiés. Cette réalité, associée à une demande croissante pour les services d’arboriculture en raison de l’augmentation de la fréquence des désastres naturels et de l’apparition d’insectes et de maladies dans les trois provinces et le reste du Canada, fait que les employeurs canadiens souhaitent embaucher davantage d’équipes afin de capitaliser sur la demande plus élevée, sans pouvoir trouver de travailleurs qualifiés. Alors que par le passé certains employeurs de l’industrie de la foresterie urbaine au Canada avaient la possibilité de recruter des travailleurs étrangers qualifiés provenant de l’extérieur du pays pour réaliser ces travaux, les nouvelles restrictions de voyage à l’international rendront cette pratique impossible, du moins dans les six à douze mois à venir.

Les conséquences sont évidentes : la demande croissante de services d’arboriculture professionnels au Canada exercera davantage de pression sur un marché du travail en berne pour que les employeurs embauchent des arboriculteurs qualifiés dans le cadre de leurs activités de foresterie urbaine. Une demande croissante entraîne une augmentation des coûts qui sera répercutée sur le consommateur. Les municipalités étant les plus grandes consommatrices de services d’arboriculture au Canada, y compris pour le dégagement des lignes électriques, il leur incomberait d’identifier de meilleures formations pour les travailleurs et de promouvoir ce secteur afin de garantir une foresterie urbaine abordable et durable. Des initiatives telles que la promotion d’un Sceau rouge pour l’apprentissage des arboriculteurs et de normes de sécurité en matière d’arboriculture à l’échelle du pays pourraient grandement contribuer à remédier à ces difficultés.