898431_33501532Michael Rosen, FPI, Président d’Arbres Canada

Si vous avez été un enfant comme moi, vous avez probablement eu beaucoup de plaisir en ce temps-ci de l’année à courir et à jouer dans les feuilles rouges, jaunes et orange, que ce soit dans votre cour arrière ou dans un parc du voisinage. C’était merveilleux de voir cette chute constante de feuilles multicolores qui étaient ensuite ramassées et empilées par les adultes pour être déposées, parfois craquantes et parfois mouillées, dans d’innombrables sacs.

Nous traitons maintenant ces feuilles différemment (je passe ma tondeuse déchiqueteuse sur les feuilles pour retourner leurs éléments nutritifs au sol) mais l’éclat des feuilles rouges des érables, des feuilles jaunes des peupliers et des feuilles orange des caryers reste le même. Quel magnifique kaléidoscope de couleurs précède les journées ternes de la fin de l’automne, puis la blancheur éblouissante du bel hiver canadien glacial!

Mais, vous demandez-vous comment ces feuilles obtiennent leurs jolies couleurs? Que se passe-t-il et pourquoi ceci ne se produit-il pas en d’autres temps de l’année? La réponse est à la fois simple et complexe (tout comme la nature).

Saviez-vous que ces couleurs se dissimulent dans les feuilles à l’année longue mais qu’elles sont supplantées par le VERT omniprésent qui est produit par la chlorophylle dans les feuilles? Retournons dans notre cours de biologie de 12e année pour une leçon rapide – les feuilles ne mangent pas de la nourriture comme les animaux; elles fabriquent leur propre nourriture. Vraiment pratique! La chlorophylle est un pigment qui est produit dans le cadre de la photosynthèse [CO2 + eau + éléments nutritifs = O2 + hydrates de carbone (sucres)]. Les sucres aident les arbres à croître et sont également acheminés vers les racines pour être entreposés jusqu’au printemps prochain lorsque le processus de photosynthèse recommence.

Lorsque les journées raccourcissent (et refroidissent), les arbres s’en aperçoivent et développent des cellules de liège qui bloquent l’absorption de l’eau et des éléments nutritifs par les feuilles, entraînant leur mort et leur abscission (chute). Avant que les feuilles tombent, la chlorophylle disparaît et laisse ressortir les belles teintes or, jaunes ou orange qui étaient auparavant camouflées. Le pigment jaune porte le nom de xanthophylle tandis que les teintes orange sont des bêta-carotènes. Les pigments rouges (anthocyanes) que l’on retrouve sur les chênes et les érables sont par ailleurs beaucoup plus intéressants. Ces pigments sont fabriqués in situ (sur place) lorsque les feuilles sont en train de mourir et que la moitié de la chlorophylle a disparu. Fascinant!

Certains croient que les anthocyanes ont des attributs allélopathiques, c’est-à-dire qu’elles agissent comme un herbicide naturel – empêchant la croissance de certains arbres et fournissant un avantage concurrentiel aux érables et aux chênes dans la forêt. Encore une fois, vraiment pratique!

Il ne faut pas non plus oublier le réchauffement de la planète. Bien que les arbres dépendent principalement du raccourcissement des journées pour passer à l’état dormant, les températures plus chaudes semblent repousser cet événement automnal de plus en plus tard. Peut-être qu’un jour, nous nous roulerons dans les amoncellements de feuilles tout en célébrant le solstice d’hiver! Espérons que non. Profitez dès maintenant de notre automne magnifique.

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