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Heather Fraser

Coordonnatrice du programme sur les ressources naturelles, Ingénierie et services environnementaux, Ville de Moncton

Représentante de la région Atlantique, Réseau canadien de la forêt urbaine (RCFU)

1. Quelles sont les réalisations dont vous êtes la plus fière?

L’exploitation de l’érablière de la Ville de Moncton. En construisant une route dans le cadre d’une opération de récolte sélective, j’ai trouvé une ancienne érablière qui était en activité lorsque la Ville a acheté le terrain dans les années 60 pour construire les installations d’approvisionnement en eau potable. Elle n’était plus exploitée depuis plus de 40 ans et j’ai lancé un projet pilote pour déblayer tout le bois résineux qui se trouvait au milieu de ces magnifiques érables rouges et érables à sucre. Un agriculteur local voulait construire une nouvelle grange et j’avais besoin de me débarrasser du bois résineux. Alors nous avons passé un accord pour utiliser ses chevaux afin d’enlever les arbres durant l’hiver. Le printemps de la même année, nous avons entaillé 35 arbres de différents diamètres et nous avons fait bouillir la sève dans le garage pour produire le tout premier sirop d’érable de Moncton. C’était il y a plus de 25 ans. Aujourd’hui, la Ville est équipée d’un évaporateur alimenté au mazout dernier cri et de plus de 30 kilomètres de pipelines. Durant la saison, elle propose même des visites intitulées « Pails to Pipeline ». Des milliers de personnes ont visité cette cabane à sucre. C’est la seule érablière détenue et exploitée par une municipalité au Canada qui fournit des produits à valeur ajoutée issus d’une forêt de feuillus gérée.

2. En quoi le domaine de la foresterie urbaine a-t-il changé depuis votre arrivée dans la profession et quelles sont les principales perspectives d’avenir pour les femmes dans votre secteur?

Le monde de la foresterie urbaine a radicalement changé au cours des 40 dernières années. Lorsque j’ai commencé, il n’y avait que trois autres femmes dans mes cours de foresterie. Aujourd’hui, la moitié des personnes diplômées sont des femmes. Je suis heureuse de constater ce changement, car évoluer dans un secteur à dominante masculine tout au long de ma carrière m’a toujours obligée à travailler plus fort pour trouver ma place dans la profession. J’ai obtenu de la reconnaissance en travaillant d’arrache-pied, en établissant des relations et en développant de nouveaux partenariats tout en gagnant le respect de mes collègues du secteur. Je pense que pour les femmes qui arrivent dans la profession aujourd’hui, la voie est tracée et il existe une fondation solide pour mettre en avant les possibilités de changer la donne au niveau local.

3. Quel conseil donneriez-vous à des jeunes filles et des femmes qui veulent se lancer dans le domaine de la foresterie urbaine?

Mon conseil? Si vous aimez le plein air, les forêts et l’environnement et que vous voulez laisser un héritage durable à la société, investir du temps et de l’énergie dans une carrière en foresterie urbaine est le bon choix. Les récompenses sont immenses lorsqu’on travaille avec les arbres, les organisations de proximité, les spécialistes de l’aménagement urbain, du développement et de la construction de route, les sociétés de services publics et bien d’autres. Nous avons toutes et tous une perspective ou une vision différente de la valeur des arbres, mais lorsque nous travaillons ensemble, on ne compte plus les exemples de succès. On le voit à travers ce qu’il se passe partout au Canada dans le cadre du Réseau canadien de la forêt urbaine et la multiplication de l’offre de cours offerts par les universités et les collèges qui favorise la croissance du secteur de la foresterie urbaine. Le besoin existe. Et il y a de plus en plus de possibilités pour les femmes dans la profession.

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