Heather Fraser – Représentante de la région de l’Atlantique du Réseau canadien de la forêt urbaine

7 juin 2018

L’année a débuté par un atelier de trois jours sur la santé des forêts du Canada atlantique qui s’est tenu à Amherst (Nouvelle-Écosse) du 16 au 18 janvier. Chaque province a fait le point sur la situation concernant les ravageurs forestiers, tout comme l’État du Maine qui a également présenté ses conclusions. Les nuisibles ne connaissent en effet aucune frontière et la présence de l’agrile du frêne (Agrilus planipennis), également connu sous le nom d’AF, a été non seulement détectée dans cet État, mais aussi dans le Massachusetts depuis 2012.

Les mises à jour réglementaires, les recherches sur les espèces invasives de ravageurs, des apprentissages pratiques et des démonstrations sur le terrain ont ponctué cet atelier qui a permis d’aborder des sujets tels que les problèmes liés aux nuisibles indigènes, les stratégies à adopter face à la tordeuse des bourgeons de l’épinette et le programme de surveillance de cette espèce de ravageur. Du temps avait été réservé à des débats libres visant à échanger sur des thématiques relatives à la santé de la forêt : les participants avaient la possibilité de partager des informations et des connaissances à mettre en œuvre par la suite au sein de leurs collectivités.

Lors de nos deux précédents ateliers sur la forêt urbaine en 2016 et 2018, l’AF était à l’ordre du jour. Je me souviens avoir dit : « il ne s’agit pas de savoir si, mais quand il va envahir notre région ».

Le 17 mai 2018, la présence de l’AF a été confirmée dans la ville d’Edmundston (Nouveau-Brunswick), une première pour le Canada atlantique. Suite à la détection de la présence de l’AF, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a mis en place un partenariat avec les municipalités afin de placer des pièges à agrile du frêne dans les collectivités présentant un grand nombre de frênes. Alors qu’elle envahit peu à peu le Canada et les États-Unis, il est essentiel de détecter la présence de cette espèce exotique envahissante le plus tôt possible.

Au cours des dernières années, l’ACIA s’est associée à Truro en Nouvelle-Écosse, ainsi qu’à Saint John, Fredericton et Moncton au Nouveau-Brunswick pour installer des pièges là où la foresterie urbaine est surveillée et où les arbres/forêts sont gérés de manière continue. Les collectivités situées dans la région de l’Atlantique qui souhaitent participer sont invitées à contacter Ron J. Neville (Services scientifiques de la protection des végétaux de l’Agence canadienne d’inspection des aliments).

C’est la première fois qu’une telle découverte intervient dans la région de l’Atlantique, qui se trouve en dehors des zones réglementées du Manitoba, de l’Ontario, du Québec et du Maine. L’ACIA et ses partenaires mènent actuellement des enquêtes complémentaires en vue de déterminer si ce nuisible s’est établi dans la région et, le cas échéant, dans quelle mesure.

L’Atlantic Urban Forest Collective se réunira cet été afin d’organiser un nouvel atelier de deux jours à l’automne 2019 avec le soutien d’Arbres Canada. Des discussions sont prévues avec l’Union des municipalités à l’automne 2018 afin de diffuser les travaux de la communauté de foresterie urbaine de l’Atlantique et des membres du Réseau canadien de la forêt urbaine par l’intermédiaire d’Arbres Canada.