Le respect de l’environnement peut se traduire par de multiples actions au quotidien : recycler ses déchets, acheter des ampoules à faible consommation ou encore investir dans une voiture écoénergétique. Une autre solution consiste à compenser les émissions de carbone produites : grâce à ce système, les entreprises, les organisations ou les individus ont la possibilité de contrebalancer leur empreinte carbone. Par exemple, si vous prenez un vol entre Montréal (Québec) et Vancouver (Colombie-Britannique) et que vous calculez la quantité de dioxyde de carbone occasionnée par ce déplacement, vous pouvez ensuite verser de l’argent à une organisation afin de compenser ces émissions par la plantation d’arbres ou des investissements dans des énergies renouvelables (solaire, éolienne, hydraulique, etc.). La régulation de la compensation de la pollution par le carbone étant complexe, ces organisations octroient aux entreprises ou aux individus une capacité de crédit et sont en mesure de proposer un programme certifié en matière de compensation des émissions de carbone. Les règlements sur le plafonnement et l’échange reposent essentiellement sur ce système de compensation carbone.

Les entreprises y ont recours afin de se conformer aux réglementations. Dans le cadre de ce système, certaines entreprises doivent respecter une limite spécifique de carbone qu’elles sont autorisées à rejeter dans l’atmosphère. Si elles dépassent ce plafond, elles doivent verser une taxe au gouvernement. Les compagnies ont par ailleurs la possibilité d’échanger leurs droits d’émission de carbone : si une société dépasse son plafond autorisé d’émissions de CO2, elle peut acheter des crédits de carbone en compensation. Ce système incite les entreprises à respecter les limites, car dans le cas contraire, elles risquent de perdre des revenus. La compensation des émissions de carbone et ce principe de plafonnement et d’échange sont étroitement liés : les entreprises peuvent utiliser la compensation pour respecter leur plafond, et les revenus récoltés par le gouvernement dans le cadre de la taxe carbone sont investis dans des programmes de compensation de la pollution occasionnée par ces gaz.

Présentant de nombreux avantages économiques, la compensation des émissions de carbone tout comme le secteur des énergies renouvelables ont créé des milliers d’emplois au Canada. De nombreuses sociétés prennent aujourd’hui conscience de leur impact sur l’environnement et des émissions qu’elles produisent. Outre son impact négatif sur l’environnement, le réchauffement climatique présente également des conséquences néfastes pour l’économie : le réchauffement des océans affecte la pêche et un nombre considérable d’épisodes de sécheresse provoquent des feux qui frappent l’industrie agricole et du tourisme. En consacrant seulement 2 % du PIB par an à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, 20 % de la perte annuelle de PIB due aux conséquences du changement climatique pourraient être évités (davidsuzuki.org). En équilibrant la quantité de carbone présent dans l’atmosphère, le système de compensation des émissions de CO2 contribue à ces économies.

Bien qu’elle présente des avantages, cette approche suscite également de nombreuses controverses. Ses détracteurs affirment qu’elle permet aux entreprises de soulager leur conscience tout en poursuivant leurs pratiques irresponsables en matière d’environnement. Pour d’autres, les sociétés qui sont le plus susceptibles d’avoir recours à la compensation carbone, sont celles qui se préoccupent de l’environnement et qui s’efforcent déjà de réduire leur empreinte carbone par d’autres moyens (The Guardian). Selon de nombreux opposants à ce système, il n’existe par ailleurs aucun moyen de garantir que cela reste une mesure complémentaire et non inévitable. Ainsi, si une société compense ses émissions de carbone en installant des panneaux solaires sur un gratte-ciel, mais que la ville en met en place par la suite sur tous les bâtiments, les panneaux solaires de cette société ne constituent plus une compensation carbone, mais s’inscrivent dans la norme pour cette ville. Toutefois, bon nombre d’organisations offrent des services d’évaluation et de vérification des compensations de la pollution par le carbone, veillant ainsi à ce que ces mesures soient complémentaires et non mises en place dans le cadre d’un programme plus large de réduction des émissions de carbone. Cela permet non seulement de s’assurer que ces projets sont additionnels, mais aussi d’apporter fiabilité et responsabilité aux sociétés qui y ont recours.

Arbres Canada figure parmi les organisations qui proposent des programmes de compensation carbone aux entreprises en leur offrant la possibilité d’obtenir une certification « carbone zéro » grâce à la plantation d’arbres destinés à contrebalancer les émissions de CO2 produites au quotidien par leur activité. Le programme Plantez de l’air pur d’Arbres Canada veille à la conformité des sites de plantation et contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Outre son certificat « carbone zéro », Arbres Canada offre à l’entreprise participante une crédibilité en matière environnementale. Ainsi, FedEx s’efforce de devenir une compagnie carboneutre en adhérant à des programmes semblables à celui proposé par Arbres Canada. Leurs clients peuvent payer un supplément pour compenser les émissions de carbone liées à la livraison de leur colis via un système géré par un organisme tiers. Postes Canada dispose également d’un programme visant à limiter son empreinte carbone : leurs enveloppes sont contrebalancées par l’achat de crédits de carbone et certains de leurs véhicules sont écoénergétiques ou électriques. Au-delà des entreprises, certaines provinces canadiennes mettent en place des mesures destinées à compenser les émissions de carbone rejetées dans le cadre de leurs activités gouvernementales. C’est ainsi que le gouvernement provincial de la Colombie-Britannique a lancé un programme nommé « Climate Leadership Plan », qui prévoit entre autres un plan dont l’objectif est d’amener les activités gouvernementales à atteindre un bilan carboneutre.

La compensation des émissions de carbone présente des avantages et des inconvénients. Même s’il ne s’agit pas de la méthode la plus efficace, il convient de saluer les efforts des sociétés qui s’efforcent de devenir plus respectueuses de l’environnement. Espérons que d’autres solutions émergeront à l’avenir pour permettre aux entreprises et aux individus d’atteindre plus facilement une empreinte carboneutre. En attendant, la sensibilisation et l’éducation restent nos meilleures armes en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Sources :