Les arbres… Ils ont occupé une partie importante de ma vie, personnelle comme professionnelle. Alors que mon dernier jour au sein d’Arbres Canada approche (28 février 2020), je réalise combien cette organisation a changé et grandi et à quel point elle a été importante dans ma vie pendant près de 18 ans.

Lorsque j’ai rejoint Arbres Canada en 2002, il s’agissait encore d’une entité du gouvernement fédéral qui entretenait certaines relations avec le secteur privé et quelques donateurs individuels. Aujourd’hui, la plupart de nos ressources proviennent de généreux donateurs individuels, du secteur privé et d’entreprises qui, au nom de leur responsabilité sociale, soutiennent Arbres Canada afin d’accomplir une action positive pour l’environnement, comme planter des arbres.

À l’époque, l’idée d’associer les termes « urbain » et « forêts » n’était pas du tout envisageable et pouvait même sembler risible. Aujourd’hui, c’est une évidence et leur importance pour le fonctionnement des villes et notre bien-être est unanimement reconnue. Arbres Canada se positionne désormais en chef de file national en matière de foresterie urbaine.

Nos réalisations parlent d’elles-mêmes : nous avons planté plus de 82 millions d’arbres, verdi plus de 600 terrains d’école, rassemblé d’innombrables professionnels du domaine à l’occasion de nos conférences canadiennes sur la forêt urbaine, élaboré une stratégie nationale sur la foresterie urbaine et encouragé la création d’un baccalauréat en foresterie urbaine à l’Université de la Colombie-Britannique. La liste de nos accomplissements est encore longue. Récemment, c’est toutefois l’annonce du gouvernement de planter deux milliards d’arbres qui a attiré mon attention.

Au cours des 18 dernières années, j’ai encouragé le gouvernement fédéral à inclure la foresterie urbaine et la plantation d’arbres dans son mandat. Et aujourd’hui, le gouvernement actuel a fait de la plantation de deux milliards d’arbres au cours des dix prochaines années l’une de ses promesses électorales. La lettre de mandat du ministre des Ressources naturelles mentionnait même à deux reprises l’expression « forêts urbaines » — en évoquant « la diversité des forêts urbaines » et la nécessité d’« appuyer la recherche et fournir des fonds de manière à accroître la résilience de nos forêts urbaines ». Nous vivons une période incroyablement stimulante et je trouve très encourageant de voir le dur labeur de tant de personnes commencer à porter ses fruits. La foresterie urbaine progresse et bénéficie de l’attention qu’elle mérite tant au niveau national.

Je pourrais bien entendu citer de nombreuses autres initiatives et réalisations dont l’équipe d’Arbres Canada peut être fière, mais il y en aurait trop pour toutes les énumérer ici. Cependant, la chose dont je suis personnellement le plus fier, c’est ma certitude que l’organisation pour laquelle j’ai travaillé si fort continuera à se développer et à agir pour le bien des Canadiens et de nos arbres. Grâce à une équipe remarquable et de fidèles partenaires ainsi qu’au leadership de Danielle St-Aubin, notre nouvelle directrice générale, et de Léo Duguay, président du conseil d’administration, l’avenir s’annonce en effet particulièrement radieux.

Tout au long de ma carrière, j’ai eu maintes fois l’occasion de constater que le pouvoir des arbres était trop souvent pris à la légère. J’ai fréquemment repris les personnes qui me disaient que les forêts urbaines « étaient jolies » et n’étaient là que pour leur rôle « esthétique ». À mesure que des articles étaient publiés les uns après les autres sur les bienfaits des arbres en matière de santé, d’économie d’énergie, de réduction du crime et même de fierté communautaire, j’ai assisté à un changement chez les gens qui ont commencé à considérer les arbres comme une part essentielle de leur vie et de la solution à bon nombre de nos problèmes. Les municipalités se sont mobilisées et emploient aujourd’hui plus de forestiers, d’arboriculteurs et de techniciens que jamais auparavant afin de prendre soin de cette précieuse ressource. J’aime à penser que nos efforts ont modestement contribué à tout cela.

Même si je quitte Arbres Canada, mon rôle d’« homme qui murmure à l’oreille des arbres » se poursuivra toujours. Je compte bien rester en contact avec les nombreuses personnes que j’ai rencontrées au cours de ma carrière, car ce sont ces relations qui vont me manquer le plus.

Enfin et surtout, je tiens à vous remercier de votre appui à Arbres Canada au fil des années. Grâce à vous et aux magnifiques arbres que nous avons plantés ensemble, notre beau pays se porte mieux.

Continuez à cultiver votre amour pour les arbres et portez-vous bien en attendant le délicieux nectar de sève d’érable qui coulera bientôt à flots.