La forêt est par nature un endroit où nous pouvons nous ressourcer. Quel meilleur choix alors qu’un projet de forêt de ressourcement? Suite à la marche pour la réconciliation de 2015 à Ottawa, et avant la publication du rapport de la Commission de vérité et réconciliation, Peter Croal, géologue chevronné et Patricia Stirbys, membre de la Première Nation de Cowessess et consultante, se sont associés pour élaborer ensemble le projet baptisé « National Healing Forest ».

La réconciliation et le ressourcement sont au cœur de ce projet. Leur vision consiste à établir un réseau de forêts de ressourcement à travers le pays où les survivants des pensionnats, les familles et l’ensemble de la population canadienne puissent se réunir afin de réfléchir, de méditer, de cicatriser leurs blessures et de participer à des cérémonies en vue de mieux comprendre l’héritage du système des pensionnats et d’avancer de manière positive. Quelle que soit leur taille, une forêt ou un espace vert calme constituent l’endroit idéal pour se ressourcer et nous permettre d’établir un lien avec la nature, mais aussi pour nous rappeler les conséquences de nos actions sur le changement climatique. Toutes les forêts de ressourcement sont développées en tant qu’initiatives citoyennes par les communautés elles-mêmes.

Jusqu’à la création de ce projet, il n’existait aucun endroit dans l’environnement naturel désigné en tant que lieu sacré pour la réconciliation. En parlant du projet, Eugene Arcand, conseiller à la Commission de vérité et réconciliation et survivant des pensionnats a déclaré : « Ce projet de forêts de ressourcement est important. Il aidera les survivants et leurs familles dans le processus de ressourcement et de réconciliation ». Pour de nombreux aînés, le premier acte de réconciliation concerne la protection du territoire et la garantie du respect des aspects sacrés du territoire. Ce projet de forêts de ressourcement permet de faire un pas dans cette direction.

Les recherches prouvent qu’une marche en forêt permet de réduire le stress, de limiter la pression sanguine et le rythme cardiaque, d’améliorer l’humeur et qu’elle contribuerait même à lutter contre le cancer. Les vertus thérapeutiques des forêts constituent un élément clé de l’initiative « National Healing Forest » qui vise à aider la nation et ses populations à cicatriser les blessures suite à l’histoire tragique qui lie le gouvernement canadien aux populations autochtones.

On compte désormais huit forêts de ressourcement au Canada et d’autres qui en sont au stade de planification. L’une d’entre elles est située sur les terres de l’Église Unie All Saints à Ottawa, en Ontario, tandis qu’une autre fait partie intégrante d’un sentier de gardiens du savoir créé par l’école publique Riverside à Cape Breton, en Nouvelle-Écosse. Une autre forêt, créée à Winnipeg, a été baptisée par un aîné Anishnaabe du nom d’un esprit — Kapabamayak Achaak Healing Forest — ce qui signifie « esprit errant ». Le sénateur Murray Sinclair, ancien président de la Commission de vérité et réconciliation, a prononcé un discours lors de son inauguration officielle.

Le projet « National Healing Forest » a offert de nombreuses possibilités pour sensibiliser la population et bâtir de meilleures relations. En février 2017, Patricia et Peter ont participé à un atelier artistique d’une journée à Regina, en Saskatchewan à la demande du conseil scolaire de la ville. Au cours de cet atelier, de jeunes élèves de la 8e à la 12e année ont créé des œuvres d’art dédiées à la réconciliation et au ressourcement qui ont ensuite servi de contribution au projet « Healing Forest ». En reconnaissance du potentiel de ces forêts, la Société géographique royale du Canada (SGRC) a également intégré cette initiative dans ses programmes scolaires pour enseigner la réconciliation aux jeunes.

Toute collectivité ou institution a la possibilité de créer sa propre forêt de ressourcement grâce à un processus réfléchi d’organisation. En réunissant un comité restreint, les communautés peuvent échanger sur le choix du lieu (terrains publics ou privés) et concevoir un projet en collaboration avec leur gouvernement municipal, la collectivité ou le propriétaire foncier au niveau local afin d’identifier un endroit calme pour la forêt. Les idées ou concepts peuvent inclure un lieu de rassemblement extérieur pour les cérémonies, l’enseignement, la méditation et la prière; la plantation d’arbres par des Canadiens et Canadiennes non autochtones afin de célébrer l’unité et l’engagement envers la réconciliation; ou un parc pour enfants en l’honneur de l’amour que nous leur portons et pour célébrer la résilience. Les idées créatives proposées par chaque communauté peuvent révéler des approches uniques et riches en matière de ressourcement et de réconciliation qui s’appuient sur les forêts et les espaces verts.

Pour plus de renseignements sur l’initiative « National Healing Forest » et comment élaborer votre propre projet, contactez Peter ou Patricia.