IMG-20130704-00461croppedMichael Rosen, Président, Arbres Canada

Le voyage avait été planifié bien d’avance. J’avais été invité en mai par TELUS (le parrain ultime d’Arbres Canada) à assister à une présentation spéciale à Calgary. J’étais bien sûr très heureux et honoré de cette invitation.

Qui aurait pu prévoir que six semaines plus tard, le Sud de l’Alberta connaîtrait les pires inondations dans son histoire? Au cours des jours précédant le 20 juin, plus de 200 mm de pluie sont tombés dans les vallées des rivières Bow et Elbow (plus de la moitié des précipitations annuelles normales) – des zones qui avaient déjà reçu beaucoup de pluie. Puis, en raison de la forme des vallées, l’eau a descendu rapidement vers Calgary. En moins de deux jours, trois rivières ont quintuplé sinon décuplé leur débit.

Les résultats ont été dévastateurs. Quatre personnes ont perdu leur vie et plus de 100 000 personnes ont dû quitter leur demeure dans la région. En date du 24 juin, quelque 2 200 membres des troupes canadiennes étaient déployés pour fournir de l’aide. Alors que les collectivités devenaient inondées et que les gens devaient trouver refuge ailleurs, des résidents de la région ont mobilisé leurs efforts pour offrir leur appui aux personnes évacuées et au personnel de secours. Le plus grand aréna de la ville – le Saddledome – a été endommagé lorsque l’eau a recouvert les premières dix rangées de sièges dans les estrades. Le terrain du Stampede de Calgary a également été très inondé – moins de deux semaines avant son ouverture prévue. Les dirigeants ont promis que l’événement aurait quand même lieu. Des inondations ont aussi beaucoup affecté les plus petites communautés de la Première nation Siksika, de High River, de Canmore et de Banff.

C’était la situation lorsque je suis arrivé à Calgary le 3 juillet – seulement 13 jours après les inondations. Le voyage de l’aéroport a été révélateur. Chaque fois que nous descendions dans une vallée riveraine, nous pouvions voir des signes d’arbres déracinés et il y avait des débris un peu partout. J’avais réservé d’avance plusieurs mois plus tôt une chambre dans un gîte touristique parce qu’il surplombait le terrain du Stampede et le Saddledome. Le propriétaire du gîte m’a prêté un chapeau de cowboy et une cravate et j’ai marché dans le centre-ville de Calgary le premier jour du Stampede pour me rendre à l’événement organisé par TELUS. J’ai passé à côté de l’établissement légendaire « First Flip » du Stampede offrant traditionnellement des déjeuners aux crêpes mais transformé grâce à l’appui motivant du maire Nenshi en un lieu de ralliement. Je suis entré dans une salle de TELUS où se trouvaient quelque 600 personnes et, à ma grande surprise, j’étais le seul à porter un chapeau de cowboy! J’ai été bien soulagé de voir arriver deux autres « cowboys » après moi. L’événement était pour la présentation officielle d’un nouvel édifice remarquable au centre-ville de Calgary – le TELUS Sky. J’ai mentionné au président et chef de la direction de TELUS – Darren Entwistle – que j’allais visiter les zones affectées par les inondations pour examiner les dégâts et voir comment Arbres Canada pourrait aider. Il a répondu immédiatement que TELUS avait fourni de l’aide à la suite des inondations et que l’entreprise était prête à appuyer Arbres Canada dans ses efforts pour rétablir la forêt urbaine de Calgary. Ce sont des mots qui font chaud au cœur!

Le lendemain, j’ai rencontré Jill-Anne Spence, la forestière attitrée de la ville, et Nico Bernard, le gestionnaire des parcs. En compagnie du conseiller d’Arbres Canada Gérard Fournier, nous avons visité la ville, y compris le magnifique parc de l’île du prince. Le festival folklorique de Calgary devait se dérouler à partir du 25 juillet (trois semaines plus tard) et l’île n’était pas dans son meilleur état. Pendant trois jours, l’île avait été inondée et décapée un peu partout par plusieurs couches de boue, de branches et de grumes. Des équipes de travailleurs de la ville et de bénévoles essayaient désespérément de tout nettoyer. On pouvait entendre une cacophonie de nettoyeurs haute pression alors que des travailleurs essayaient d’enlever une couche de boue de 15 cm qui recouvrait l’herbe, les massifs de fleurs et les chemins. Les travailleurs ne s’inquiétaient pas du fait que quelque 12 000 personnes assisteraient bientôt au festival de quatre jours dans un lieu qui ressemblait beaucoup plus à un bac à boue qu’à un site de festival. Nous avons visité les ponts et les lieux du parc. Nous avons longé des haies de troène qui étaient décorées de déchets jusqu’à deux mètres de haut – ligne de démarcation des hautes eaux. En soirée, nous avons passé à côté de blocs entiers d’appartements noirs et abandonnés.

Après avoir observé tous les dégâts, admiré les efforts incroyables des bénévoles et l’endurance des gens de Calgary, et entendu les paroles motivantes du maire Nenshi, le président et chef de la direction de TELUS était certain qu’Arbres Canada serait de retour en 2014 avec des arbres pour remplacer ceux qui ont été perdus.

J’ai accroché mon chapeau de cowboy en attendant le Stampede de l’an prochain!