On pourrait avoir tendance à les oublier lorsqu’ils sommeillent pendant l’hiver, mais nos arbres peuvent bénéficier de notre aide pour traverser la saison de dormance et être florissants au printemps.

1. Évitez les amas de neige

Les arbres qui sont bien adaptés aux hivers canadiens adorent la neige. Elle isole leurs délicates racines des vents desséchants et des températures glaciales et de grandes quantités de neige sont également synonymes d’un sol humide, essentiel pour la période de croissance printanière, lorsque les bourgeons se transforment en fleurs et que les feuilles poussent.

Toutefois, la neige peut également être source de problèmes. Elle peut abriter des petits rongeurs qui grignotent l’écorce des jeunes arbres et de leurs branches. Si vous avez planté des arbres récemment, veillez à les protéger en enveloppant les petits arbres ou les branches les plus basses.

Votre arbre ne peut pas avoir trop de neige, mais si votre sol n’est pas correctement drainé, il est susceptible de rester humide trop longtemps, en particulier en cas de printemps humide. Si vous avez des problèmes de drainage, envisagez d’entasser la neige à distance du périmètre de la rhizosphère vitale (PRV), c’est-à-dire la zone critique des racines généralement située à 10 cm du tronc d’un arbre pour chaque centimètre de son diamètre.

La neige salée est toutefois celle qui fait le plus de dégâts. Lorsque vous utilisez du sel dans votre allée ou sur les trottoirs, évitez d’entasser la bouillie de neige salée sur votre arbre. Si vous n’avez pas le choix, au printemps, veillez à ce que la zone à proximité de votre arbre soit arrosée avec de l’eau claire provenant de la pluie ou de votre tuyau d’arrosage afin d’éliminer les sels.

2. Élaguez pour renforcer la structure

L’élagage est un terme courant dans le langage des arboriculteurs et des pépinières et il est particulièrement important pour les arbres les plus jeunes. L’objectif est de décider comment votre arbre va pousser, en dirigeant et en encourageant les branches que vous souhaitez garder, tout en éliminant celles susceptibles d’interférer avec l’arbre ou les infrastructures qui l’entourent (comme votre maison!).

Bien que la nature fasse un bon travail en matière d’élagage des arbres, nous les transplantons souvent en dehors de leur environnement naturel ou nous les taillons de manière inappropriée, malgré nos bonnes intentions. Nos arbres ont parfois besoin d’un peu d’aide pour éviter des problèmes majeurs à long terme. Il peut être préférable de laisser un arboriculteur qualifié se charger de l’élagage en tant que tel, mais observer les branches nues durant l’hiver vous aidera à établir un premier diagnostic sur l’état de vos arbres.

Pendant l’hiver, vous remarquerez que votre arbre n’est plus la masse de feuilles que vous pouvez observer durant la saison estivale, mais un amalgame complexe de branches qui cherchent toutes à trouver de l’espace, tout en se raccrochant au tronc principal pour survivre. C’est au niveau des extrémités des branches et des fourches (là où les branches se rejoignent) que les conflits et les problèmes commencent. Cet hiver, prenez le temps d’observer la « silhouette » de votre arbre. Vous pourrez peut-être identifier des branches cassées ou dangereuses, voire enfin découvrir le refuge de cet écureuil qui vole vos graines pour oiseaux.

3. Enveloppez-les!

Même s’il est préférable de le faire à la fin de l’automne, il n’est peut-être pas trop tard pour emballer vos cèdres ou vos autres arbres sensibles au froid, tels que les arbres fruitiers ou ceux qui sont situés à la limite de leur zone climatique.

Les arbres doivent être enveloppés pour deux raisons : empêcher la neige de casser ou courber des branches et protéger les feuilles et les bourgeons délicats des vents de l’hiver et de la glace. Les dommages causés par la glace, également appelés lésions du sud-ouest ou dépérissement hivernal, sont davantage visibles au printemps lorsque les extrémités des branches ne parviennent pas à faire pousser des feuilles comme le reste de l’arbre. Envelopper vos arbres dans de la toile de jute et les protéger du vent peut contribuer à limiter ces dommages.

Si vous remarquez que vos cèdres ou d’autres arbres ploient sous le poids de la neige, il n’est pas trop tard pour enlever la neige et remettre les branches en place en les attachant avec de la ficelle ou un autre matériau, mais n’oubliez pas de retirer ces liens chaque année ou de les déplacer pour éviter d’étouffer l’arbre!

4. Examinez les fentes

Durant l’hiver, des fentes verticales peuvent soudainement apparaître sur nos arbres.

Si vous vous promenez dans les bois lors d’une froide journée d’hiver, vous pourrez entendre de doux craquements indiquant que l’eau dans les troncs des arbres gèle et fait éclater les fibres du bois. Ces fentes se rouvrent souvent chaque hiver et laissent des « cicatrices » visibles sur les troncs et les branches. Bien qu’impressionnantes, ces blessures sont naturelles et se referment généralement lors du dégel printanier. Les fentes verticales, en particulier les plus superficielles comme les gélivures, ne constituent pas une menace sérieuse pour la santé de votre arbre et aucune intervention n’est nécessaire. N’essayez surtout pas de « peindre » ou de sceller la blessure autrement avec d’autres produits.

Les fentes horizontales ou celles qui traversent votre arbre et sont situées en dessous d’une fourche en « V » (là où une branche est reliée au tronc) sont plus graves et un arboriculteur certifié doit être contacté.

5. Élaguez pour la production de fruits

L’élagage des arbres fruitiers, comme les pommiers, les poiriers et les cerisiers à la fin de l’hiver peut améliorer la production de fruits.

Les arbres forment leurs bourgeons (qui se transforment en feuilles, en branches et en fleurs) durant l’été précédent, tandis que les fleurs (suivies par les fruits) poussent uniquement sur les branches et les éperons âgés d’un an.

L’élagage hivernal permet d’éliminer certains bourgeons en limitant la quantité de branches âgées d’un an, ce qui force ainsi l’arbre à mettre son énergie dans l’augmentation de la taille et de la qualité de vos fruits. Autre avantage de cette méthode pour ceux qui ont « la chance » de bénéficier d’un déluge annuel de pommes sauvages : vous aurez moins de fruits et donc moins de risques de vous fouler la cheville ou d’obstruer votre tondeuse!