Des rangées d’ormes imposants, aussi hauts que des cathédrales, bordaient autrefois les boulevards d’Amérique du Nord. Puis, en 1930, une entreprise de meubles de Cleveland importa des grumes d’orme en provenance d’Angleterre qui étaient infectées d’un pathogène connu sous le nom de la maladie hollandaise de l’orme. Peu de temps après, ces majestueux ormes feuillus commencèrent à périr. Des millions d’ormes qui se dressaient fièrement n’ont pas résisté à cette maladie, privant les villes de leur présence partout sur le continent.

Certains ormes ont toutefois survécu. Grâce à une vigilance exemplaire, l’Alberta et la Colombie-Britannique sont quasiment parvenues à éradiquer la maladie. En Alberta, les efforts déployés par un organisme à but non lucratif baptisé Society to Prevent Dutch Elm Disease (STOPDED, société de prévention de la maladie hollandaise de l’orme) ont permis à la province de compter aujourd’hui environ 600 000 ormes d’Amérique en pleine santé – l’un des peuplements d’ormes les plus impressionnants du continent. Edmonton revendique à elle seule 80 000 ormes. L’Alberta estime la valeur de ses ormes à 2 milliards de dollars.

L’été dernier, la Ville de Lethbridge qui abrite de vastes canopées d’ormes a détecté deux arbres infectés par la maladie. Lethbridge a rapidement abattu ces arbres pour éradiquer la maladie. L’Alberta a désormais interdit l’élagage des ormes entre les mois d’avril et de septembre pour protéger leur santé.

L’interdiction de l’élagage s’appuie sur les connaissances des chercheurs sur le système de transmission de la maladie de l’orme. La maladie hollandaise de l’orme est un champignon qui se développe sous l’écorce des arbres infectés. Le champignon peut ensuite se propager dans l’arbre à travers des galeries dans lesquelles les scolytes se reproduisent (scolyte indigène de l’orme ou scolyte européen de l’orme). Au printemps, les jeunes scolytes émergent et volent vers d’autres ormes pour se nourrir de leur écorce, emportant et propageant la maladie avec eux. Le champignon envahit les vaisseaux de xylème de l’arbre – les vaisseaux conducteurs de la sève dans l’arbre. Pour empêcher la propagation du champignon, un orme infecté va boucher ces vaisseaux en produisant une substance collante, ce qui bloque le flux de sève et entraîne la mort de l’arbre.

Les scolytes adorent se nourrir des plaies fraîches des arbres; l’élagage des ormes durant l’été est donc susceptible d’attirer un scolyte infecté. C’est pourquoi l’Alberta autorise l’élagage des ormes uniquement entre le 1er octobre et le 31 mars lorsque les scolytes sont en dormance. La province interdit également l’importation de bois d’orme pour le chauffage provenant de la Saskatchewan.

Winnipeg est la ville qui compte le plus grand nombre d’ormes en Amérique du Nord. La maladie hollandaise de l’orme a tué des dizaines de milliers d’ormes dans la ville, mais les partisans de ces arbres gardent espoir. Trees Winnipeg a déclaré 2021 en tant qu’année de l’orme. Afin de réduire la propagation de la maladie, Winnipeg s’efforce d’abattre rapidement les arbres infectés, puisqu’un seul orme mort peut produire des dizaines de milliers de scolytes contaminés. S’assurer d’éliminer rapidement les branches touchées peut permettre de sauver un orme. Trees Winnipeg demande à la population locale de réduire le bois d’ormes infectés en paillis – ou d’emmener le bois à la déchetterie.

La maladie se propage également à travers les racines des arbres infectés vers des arbres sains. Pour protéger les ormes, une intervention ambitieuse consiste à creuser des tranchées de un mètre à 1,5 mètre de profondeur pour empêcher les greffes racinaires.

Les arboriculteurs creusent généralement des tranchées à mi-chemin entre l’arbre infecté et l’arbre sain. Il faut savoir où le champignon se situe dans l’arbre malade avant de creuser la tranchée. Si la tache de la maladie a atteint le niveau du sol dans l’arbre infecté, une seconde tranchée peut être nécessaire.

Trees Winnipeg recommande les injections comme autre option pour protéger les ormes sains et de grande valeur. Les traitements fongicides fonctionnent mieux lorsqu’ils sont appliqués sur des arbres sains et doivent être renouvelés après quelques années selon le produit.

Certains fongicides nécessitent une application annuelle. BioForest, une entreprise qui vise à améliorer la santé des arbres au Canada, propose le fongicide Arbotect 20-S en guise de traitement préventif contre la maladie hollandaise de l’orme. BioForest présente Arbotect 20-S comme « le seul fongicide scientifiquement reconnu qui offre une protection pluriannuelle contre la maladie hollandaise de l’orme ». Il garantit une protection jusqu’à trois ans une fois administré.

Les arboriculteurs appliquent le fongicide grâce à un système d’injection par macro-infusion : ils introduisent un large volume de solution directement dans les empattements racinaires de l’arbre, ce qui garantit une répartition uniforme et complète de la solution à travers l’ensemble de la canopée de l’arbre. Le fongicide ne peut toutefois pas sauver un arbre qui est déjà infecté par la maladie.

Une application d’Arbotect 20-S protège l’ensemble de l’arbre pour une durée allant jusqu’à trois ans, ce qui représente des économies significatives, selon BioForest.

Une autre action simple et bienveillante peut largement contribuer à assurer une longue vie à vos ormes locaux. En raison du changement climatique, les villes canadiennes sont confrontées à des étés de plus en plus chauds et des périodes de sécheresse fréquentes. Qu’il se trouve sur votre propriété ou sur la voie publique, un orme appréciera un peu d’eau. « Au printemps et surtout durant les mois d’été, explique Trees Winnipeg, arroser les arbres qui bordent votre boulevard les aidera grandement à lutter contre les maladies et les ravageurs. »